Francis Picabia

Publié le par cyril87

Francis Picabia naît à Paris le 22 janvier 1879, 82 rue des Petits Champs ; c'est dans cette même maison qu’il meurt, le 30 Novembre 1953 (aujourd'hui rue Danielle Casanova).
Durant les soixante-quatorze années de sa vie, Picabia explore la plupart des mouvements artistiques de son temps, un exploit aussi exceptionnel que l’époque elle-même.

Entre 1909 et 1914, Picabia se frotte aux  “ismes” du début du siècle : Fauvisme, Futurisme, Cubisme et Orphisme . Il poursuit son exploration du nouveau langage visuel du modernisme. « Picabia a lancé pendant les années qui précèdent immédiatement la guerre de 1914 », écrit Marc Le Bot dans sa thèse, Francis Picabia et la crise des valeurs figuratives
« plus d'idées neuves qu’aucun autre artiste d’avant-garde. Il aurait été cubiste comme Braque et Picasso, orphique comme Delaunay et il aurait de surplus inventé l'art abstrait, sans jamais consentir à exploiter systématiquement aucune de ces formules. » 


Adam et Eve, 1911

C’est le rite de passage entre le Néo-Impressionnisme et des formes plus simples, plus radicalement abstraites. Durant toute cette période, Picabia est à la recherche de son propre langage pour transcrire son état intérieur. Il expose régulièrement dans les salons, depuis ses œuvres de tendance fauve de 1911 jusqu’aux toiles, cubistes de base, de l’année suivante. Dans les salons de 1911, il expose Printemps et Adam et Eve, parmi d'autres oeuvres. L'année suivante, il présente des tableaux bien plus abstraits, dont Tarantelle et Port de Naples, au Salon de la Société Normande ;Danses à la Source I et La Source au Salon d’Automne ; et enfin, à la Galerie la Boëtie, des tableaux tels que Procession à Séville et Danses à la Source II, oeuvres totalement non-figuratives.


Danse à la source I, 1912

Picabia devient membre de la Société Normande de Peinture Moderne où il entre en contact avec l’avant-garde parisienne. Il se joint aussi au Groupe de Puteaux de Duchamp-Villon. 1910-1911 marque le début d’une amitié qui durera toute sa vie avec Marcel Duchamp, pour qui Picabia est une force libératrice. L’année 1911 est aussi celle de sa rencontre fructueuse avec Apollinaire. Picabia joue un rôle important alors qu’il plaide en faveur d’un art plus abstrait à la Section d’Or, au Salon de la Société Normande, ainsi que plus tard avec l'Orphisme, la création théorique d’Apollinaire, basée sur une peinture “pure” et ses analogies musicales. 1913 est une année phare dans l’histoire de l’art moderne : le Armory Show (l’Exposition Internationale de l’Art Moderne) se déroule à New York.

Picabia s’y rend avec sa femme Gabrielle en tant qu’ambassadeur et porte-parole de l’avant-garde européenne ; il devient tout de suite célèbre.  A l’Armory Show il expose quatre tableaux de 1912 : Danses à la Source IProcession à Séville, Paris etSouvenir d'Italie à Grimaldi. A la presse, Picabia explique qu’il « peint son âme sur la toile » et que dans ses tableaux, « le public ne doit pas chercher un souvenir 'photographique' d’une impression visuelle ou d’une sensation, mais il doit les regarder comme une tentative pour exprimer le plus pur de la réalité abstraite de la forme et de la couleur considérées en elle-mêmes. » A l’exception des plus éclairés, les critiques sont mitigés, de nombreux journalistes qualifiant ses “harmonies de couleurs” de “danger pour l’art”, de “canular”, de “complot”.


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Artiste du Mouvement Dada.

Francis Picabia
Portrait de femme aux allumettes No 1
collage and gouache on card, 38 x 27 cm

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